Création typographique, Jean-François Porchez

La typographie d’aujourd’hui, actrice principale de la société de consommation ?

Pour commencer, nous pouvons dire que la typographie a pris place dans nos habitudes depuis bien des siècles. On ne peut pas se contenter d’écrire sans faire attention à l’image que l’on transmet par cet acte banal et classique. Si l’on choisit une typographie pour présenter notre message, cela aide à la bonne transmission auprès du destinataire et permettra un feedback positif. On y retrouve un double-sens, pour la forme il peut être question d’esthétique mais pour le fond, il y a une sorte de fonction identitaire. Cela crée par conséquent des ambiances particulières. En effet, si l’on prend l’exemple de la marque Chanel, son logo est très présent dans les mœurs par sa sobriété et son élégance. Elle représente indirectement le luxe et l’élégance à la française. En outre, pour avoir une image comme celle-ci représentée, les marques cherchent alors à avoir une identité visuelle accompagnée d’une typographie se rapprochant de celle de Chanel. De ce fait, on y retrouve une sorte de modèle, un archétype de la mode et de l’image.

Mis à part ce côté plus symbolique, on retrouve également la typographie et ce qui en découle dans notre quotidien le plus classique. Elle prend place tout autour de nous, que cela soit pour les interfaces mobiles ou même les conversations. Elle se traduit indirectement par les pictographies et les iconographies bien utilisées aujourd’hui. Si l’on prend l’exemple d’un utilisateur lambda sur son téléphone qui communique avec quelqu’un, il sera amené sans s’en rendre compte à communiquer par le biais d’emojis. Ces icônes remplis de sens permettent d’accompagner le message et donc de transmettre des émotions que la typographie permettrait normalement de faire. On voit alors qu’elle évolue sous une autre forme que l’on ne soupçonnerait pas. « Tout le web n’est que texte » comme nous l’explique Jean-François Porchez. Mais pour autant, on voit apparaître une désacralisation et banalisation de la typographie dans sa forme la plus classique. Elle est réduite à un outil facile d’accès et peu coûteux. La structure-même qui l’entoure est typographique. De plus, de nature pour quelqu’un qui n’a pas d’intérêt particulier pour quelconque typographie, il saura citer sans problème les plus connues. Non pas qu’elles soient celles qu’il est amené à le plus utiliser mais dans son entourage depuis toujours, on mentionne des polices d’une façon si simple et démesurée que cela en devient normal.

Mais, par ailleurs, comment expliquer le fait que le texte dans sa forme la plus simple peut devenir un acteur de la société d’aujourd’hui ? On peut le deviner certainement grâce aux nouvelles interfaces web et mobiles qui font circuler des messages d’une toute nouvelle façon à laquelle nous n’étions pas forcément préparés. Également, pour conclure, nous pouvons imaginer qu’à l’avenir la typographie ne sera presque plus matérielle mais seulement un outil essentiel au bon fonctionnement de notre monde. Sans texte, comment ferions-nous pour communiquer après tout ?

Danesi Marcel, The Semiotics of Emoji: The Rise of Visual Language in the Age of the Internet, Bloomsbury Publishing, 2016.

  • Ce livre fait référence aux emojis qui nous entourent. Nous communiquons aujourd’hui énormément par le biais d’images, cela a pris place au sein de la communication digitale. C’est aujourd’hui la forme de communication la plus moderne.
  • Par ce livre, nous faisons alors un rappel aux propos de Jean-François Porchez qui suggère que les emojis sont une toute nouvelle forme de typographie. Ils permettent de donner un sens au message comme la typographie. Il faut alors s’y intéresser de plus près de façon à en comprendre l’usage et les raisons.

Fairon Cédrick, Klein Jean René et Paumier Sébastien, Le langage sms: Étude d’un corpus informatisé à partir de l’enquête «Faites don de vos sms à la science», Presses univ. de Louvain, 2007.

  • Ce livre se base sur un recueil de données réelles concernant l’usage des sms. En effet, on y retrouve un langage unique et particulier. Ce langage est devenu pendant un moment un tout nouveau moyen de communiquer.
  • Par ce livre, nous essayons de comprendre ce nouveau langage créé de toute part par ce nouvel outil. Jean-François Porchez y faisait référence de la même manière que les emojis. Il considère que les utilisateurs n’ont jamais autant écris que les 10 dernières années.

Heilbrunn Benoît, Le logo, s. d. En ligne: <https://www.cairn.info/le-logo–9782130555773.htm>, consulté le 26.04.2020.

  • Ce livre parle de la force de langage des logos et de l’identité visuelle des marques aujourd’hui. Il fait référence à la forme et à l’image qu’elles transmettent. Il peut être nécessaire pour comprendre les origines des logos qui nous entourent.
  • Ce livre nous permettrait de comprendre quels sont les messages cachés derrière les logos typographiés. Il n’est pas seulement question parfois d’une représentation visuelle de l’entreprise mais d’une image à part entière. Une typographie peut transmettre un message qu’une autre n’aurait pas pu.

Laliberté Jadette, Formes typographiques: historique, anatomie, classification, Presses Université Laval, 2004.

  • Ce livre permet de distinguer et de mieux comprendre les caractères typographiques. Il permet d’en comprendre les sens et de mieux pouvoir les analyser par la suite. Il mentionne également toute la diversité de sens que peuvent avoir les caractères.
  • Ce livre peut être essentiel pour compléter ce MOOC de façon à mieux comprendre comment une typographie est constituée. Il permettrait de donner les bases pour quelqu’un qui n’a pas de connaissances particulières pour ce milieu.

McLuhan Marshall, Gordon W. Terrence, Lamberti Elena et al., The Gutenberg Galaxy: The Making of Typographic Man, University of Toronto Press, 2011.

  • Ce livre raconte l’histoire de Gutenberg qui a créé et imaginé tout l’art autour de l’impression. Ce fut un des précurseurs autour de la typographie. Il revient à l’origine même de la typographie.
  • Ce livre permet à tout utilisateur de comprendre l’origine de cette compétence. Il est alors presque obligatoire de le lire de façon à mieux pouvoir les appliquer sur des créations typographiques aujourd’hui.

Blanchard Gérard, « Albert Hollenstein, typographe visualiste », Communication & Langages 24 (1), 1974, pp. 62‑81. En ligne: <https://doi.org/10.3406/colan.1974.4156>.

  • Cet article revient sur le métier de typographe et sur ce qui en découle. Il permet de faire une distinction plus précise sur les métiers de typographe et de créateur de typographie.
  • Avec cet article, nous pouvons mieux discerner ces deux métiers et mieux comprendre ce que Jean-François Porchez fait au quotidien et pourquoi il n’apprécierait pas qu’on considère qu’il est typographe.

David Jacques et Goncalves Harmony, « L’écriture électronique, une menace pour la maitrise de la langue ? | Cairn.info », s. d. En ligne: <https://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2007-1-page-39.htm>, consulté le 26.04.2020.

  • Cet article fait également référence au langage sms et aux emojis mais d’une façon plus généraliste. Par écriture électronique, il parle alors du langage web qui est constitué essentiellement de texte.
  • Par cet article, nous pourrions comprendre davantage et d’une façon plus complète les différences entre l’écriture électronique et la typographie. Nous pourrons alors compléter les propos de Jean-François Porchez lorsqu’il considère que tout le web n’est que texte.

Dogusoy Berrin, Cicek Filiz et Cagiltay Kursat, « How Serif and Sans Serif Typefaces Influence Reading on Screen: An Eye Tracking Study », in: Marcus Aaron (éd.), Design, User Experience, and Usability: Novel User Experiences, Cham, Springer International Publishing, 2016 (Lecture Notes in Computer Science), pp. 578‑586. En ligne: <https://doi.org/10.1007/978-3-319-40355-7_55>.

  • Cet article recense la différence entre le Serif et le Sans Serif et quelle importance cela peut avoir. En effet, que cela soit sur print ou sur une interface web, la lecture n’est pas la même et il faut alors savoir quand utiliser au mieux chacun de ses aspects.
  • Pour cette réflexion, il peut être important de comprendre les changements de typographie qu’il peut y avoir avec le Serif et le Sans Serif. L’idée est de comprendre l’impact de l’empattement et le message qu’il peut transmettre.

Marcoux Yves et Rizkallah Élias, « La dimension sémantique, négligée de l’approche expérience-utilisateur », Etudes de communication n° 41 (2), Université Lille-3, 2013, pp. 119‑138.

  • Cet article met en avant le côté UX des interfaces numériques. Il cherche à montrer toute l’idéation de création par laquelle nous pouvons passer en travaillant sur des interfaces web. Cela explore également tout ce que nous souhaitons que l’interface fasse et la manière dont la typographie réagit.
  • Pour cette réflexion, il peut être important de comprendre les changements de typographie qu’il peut y avoir avec le Serif et le Sans Serif. L’idée est de comprendre l’impact de l’empattement et le message qu’il peut transmettre.

Pignier Nicole, « Sémiotique du webdesign : quand la pratique appelle une sémiotique ouverte », Communication langages N° 159 (1), NecPlus, 2009, pp. 91‑110.

  • Cet article développe les informations nécessaires à tout designer concernant le webdesign. Il permet de comprendre la mise en page et mise en scène de la typographie sur le web. Toute police n’est pas lisible en ligne.
  • Il est pertinent de se renseigner par le biais de cet article de façon à mieux comprendre ce que Jean-François Porchez explique lorsqu’il parle de mise en page de texte en ligne.

Dupont Pierre-Yves, « Juristes du Numérique | Les polices de caractères et le mythe de la gratuité », <http://www.juristesdunumerique.fr/2015/12/15/les-polices-de-caracteres-et-le-mythe-de-la-gratuite/>, consulté le 26.04.2020.

  • Ce site web met en avant la différence entre les polices payantes et les polices gratuites en ligne. Il permet de comprendre pourquoi il est parfois préférable de rémunérer les créateurs de typographes plutôt que de télécharger illégalement. Cela permet de se renseigner au niveau de la loi.
  • Pour tout designer, il est parfois facile de se contenter de polices gratuites mais il est tout aussi important de se renseigner sur les versions payantes de manière à compléter au mieux son travail.

Esprit de Gabrielle, « Mais d’où vient le logo CHANEL ? | Esprit de Gabrielle », <https://espritdegabrielle.com/mais-dou-vient-le-logo-chanel/>, consulté le 26.04.2020.

  • Ce site web parle de l’origine du logo de Chanel. Il revient aux origines dans le temps et montre comment s’est inspiré Coco Chanel pour en arriver où sa marque en est aujourd’hui.
  • Ce développement permet de comprendre l’histoire du logo de Chanel et de l’archétype du luxe. En effet, ce logo et la typographie utilisée, le côté élitiste et luxueux inspire les autres marques afin de se démarquer avec les mêmes codes.

Gabor Peter, « Les courbes de Pierre Bézier ont redessiné le monde (reloaded) », design et typo, 09.06.2008, <https://blog.typogabor.com/2008/06/09/les-courbes-de-pierre-bezier-ont-redessine-le-monde-reloaded/>, consulté le 26.04.2020.

  • Ce site web met en avant l’histoire et l’usage des courbes de Bézier. En effet, ce fut un des outils précurseurs d’Illustrator qui aujourd’hui est utilisé par une grande partie des designers.
  • Le fait de comprendre l’usage et l’intérêt de la courbe de Bézier permettrait de comprendre mieux les formes de lettre et la typographie actuelle. Il est alors pertinent de se renseigner auprès de ce site afin de savoir s’il faut avoir de l’empattement ou non.

Renaud Carine, « La typographie digitale, ou l’art du design insaisissable – Blog UX », <https://www.ux-republic.com/la-typographie-digitale-ou-lart-du-design-insaisissable/>, consulté le 26.04.2020.

  • Ce site web permet comme les autres références précédentes de recenser les règles dans l’art de la typographie quant à son usage sur le web et dans le digital.
  • Il permet alors de compléter toutes les informations précédentes et avoir un tout autre point de vue qui cette-fois ci est plus technique car plus au niveau de l’apprentissage et de la logique qu’au niveau de l’esthétique. 

Simonson Mark, « The Scourge of Arial », text/html, Mark Simonson, Mark Simonson, 26.04.2020, <https://www.marksimonson.com/notebook/view/the-scourge-of-arial>, consulté le 26.04.2020.

  • Ce site web explique l’origine des polices Arial et Helvetica. En effet, il il y a une sorte de rivalité entre ces deux polices auprès des designers. Il est alors pertinent d’expliquer son origine.
  • Pour comprendre ce qui se cache derrière les polices en questions et pourquoi les designers font tel choix, il est nécessaire de lire ce que ce site met à disposition. Il permettra alors de prendre « position » et de choisir la police qui le définit au mieux.

Références bibliographiques

  • Mooc rédigé par Elsa Fraboulet, étudiante en Master 1, Design Graphique et Design d’Interaction à l’Université Polytechnique des Hauts-de-France, dans le cadre du cours de Culture des Médias de Clarisse Bardiot.

Tous les textes des carnets de recherche sont publiés par le blog du laboratoire De Visu sur le site hypothèses : Open édition en sciences humaines et sociales.